Le FinOps (Financial Operations) est une discipline qui combine gestion financière, technique et opérationnelle pour optimiser les coûts du cloud. Pour un DSI, mettre en place le FinOps, c'est reprendre le contrôle de la facture cloud tout en responsabilisant les équipes. Voici comment je l'ai déployé chez BNP Paribas.
Le FinOps repose sur trois piliers : visibilité, optimisation et gouvernance. La visibilité, c'est savoir qui dépense quoi, quand et pourquoi. L'optimisation, c'est réduire le gaspillage (ressources surdimensionnées, instances inutilisées). La gouvernance, c'est instaurer des règles et des rituels pour que la performance financière devienne une habitude.
Sans tagging, impossible de savoir quel projet ou quelle équipe consomme le budget cloud. Chaque ressource (VM, stockage, base de données) doit être taguée avec a minima : projet, environnement (prod/dev/test), propriétaire, et date de création.
Sur un périmètre de 6 000 assets, j'ai imposé un workflow de validation des tags avant toute création de ressource. Résultat : un reporting par application et par UPM en temps réel, et un plan de rationalisation qui a permis d'économiser 8 000 CPU en un an.
Le showback consiste à montrer aux équipes ce qu'elles consomment, sans facturation réelle. Le chargeback va plus loin : chaque département paie sa consommation. C'est un levier puissant pour responsabiliser.
Je recommande de débuter par le showback pendant 3 à 6 mois, le temps que les équipes comprennent leur empreinte, puis de basculer progressivement vers le chargeback.
Un comité réunissant DSI, responsables applicatifs, finance et opérationnels permet de passer en revue les KPIs, les anomalies et les actions d'optimisation. J'ai animé ce type de comité chez BNP Paribas Payment Services : chaque mois, nous identifiions les Top 10 des ressources les plus coûteuses et décidions des actions correctives.
Pour approfondir le sujet, consultez ma page consultant FinOps freelance.